Le transport en Côte d’ivoire, le désordre volontaire.

Article : Le transport en Côte d’ivoire, le désordre volontaire.
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17 novembre 2017

Le transport en Côte d’ivoire, le désordre volontaire.

Je l’ai dit, l’Ivoirien a un problème avec les règles, la loi ! Et le secteur du transport ne déroge pas à cette règle.  Le secteur du transport ivoirien est l’un des secteurs le plus désordonné et le plus incompréhensible qu’il soit. Les ministres se succèdent au gré des alliances et des régimes, mais le problème demeure. Même pipe, même tabac.

Le Guide du transport ivoirien

« Gnanbro », « Syndicat », « faire mon gué », « donne mon chargement », « chef de gare »,  « chef de gare », « ici là c’est mon territoire« , etc.  Vous n’y comprenez rien n’est ce pas ? Normal ! Vous n’êtes pas du secteur du transport ivoirien. Vous ne pouvez pas comprendre. Sauf si… Suivez le guide.

Gnanbro

Individu présent dans les « gares », coins de rues et de carrefour qui crie à tue-tête pour attirer les clients pour remplir les véficules. Une fois le plein du véhicule fait, le chauffeur doit le payer, que dis-je, le chauffeur doit « faire son gué ou donner son chargement« . Cela parait juste vous pensez? Eh bien pas tant que ça. En effet, les clients ou passagers connaissent déjà les « gares » où se trouvent les véhicules. Donc avec ou sans « gnanbro », le véhicule ferait son plein. Alors à quoi sert ce racket vu et su de tous? Même quand le passager monte dans le véhicule à l’insu du « chargeur ou gnanbro », le chauffeur doit le payer sinon… Il aura affaire au « syndicat »

Syndicat

Le dictionnaire Larousse définit le syndicat comme « organisation destinée à représenter les intérêts d’un groupe de personnes… ». Un chauffeur de « gbaka » (véhicule de transport en commun bien connu à Abidjan), interrogé sur le rôle des syndicats me réponds: petit moi même je ne sais pas trop! Chacun fait ce qu’il veut. Les syndicats dans notre cas ici, ne servent qu’à rançonner (et je pèse mes mots). Les seuls face auxquels les syndicats peuvent vous défendre, ce sont les syndicats eux-mêmes. En un mot vous payez pour être protégé d’eux.

Chef de gare

Il a le pouvoir sur tout le monde dans la « gare » ou point de chargement. Capable de vider un véhicule de ses passager ou même d’interdire à un passager de monter dans le véhicule de son choix. Régulateur ou fauteur de trouble? Je penche pour la deuxième option.

Territoire

Comme dans la mafia, chaque « syndicat » a son territoire qui ne sont pas clairement défini mais que vous avez intérêt à connaitre. Les parkings sont tellement bien partagés qu’un véhicule vide refusera de stopper et prendre qui l’arrête sur le territoire du syndicat auquel il n’est pas affilié. Et quand un chef de territoire décide de l’étendre, comme à la mafia, c’est la guerre ouverte comme en témoignent ces articles de Koaci.com et Fratmat.info.

Ai-je dis qu’aucune de ces organisations n’est étatique? Ni encadrée par la loi?

Le désordre volontaire: l’état aux abonnées absents!

Si aucune de ces organisations ni actions n’est fondée sur un base légale, l’on est en droit de se demander: mais où est l’Etat! Une fois encore, l’Etat laisse faire.Le problème ne date pas d’hier donc nul ne peut dire qu’il l’ignore. D’ailleurs, si l’Etat ignore ce qui se passe dans l’Etat, on a un problème. Manque de volonté car je ne peux pas dire manque de moyen.

L’Etat acteur de ce désordre.

Quand l’on observe l’état des gbakas et autres véhicules de transport en commun, la question qui revient le plus c’est: mais où font-ils la visite technique.

l’intérieur d’un gbaka
(crédit photo: Aubin Krah)

D’après un article d’Abidjan.net, qui cite le Directeur Général de la société chargé de ces visites techniques, en 2014, la moitié des véhicules en circulation dans le pays n’est pas soumise à cette visite! A qui la faute? L’Etat est pourtant sensé faire respecter la loi!

Quand des individus s’organisent en bande armée (ce n’est pas fort de le dire), sur un territoire nationale, rançonne des citoyens et font leur loi au dos de la Loi, si ce n’est pas illégal, je ne sais pas ce que sait! Et si c’est illégal et que le sachant l’État ne fait rien pour l’assainissement du secteur… que dire? Complicité ou silence coupable?

Juste pour dire…

L’individu est de nature à ne pas vouloir respecter la loi. Étant donné que nous vivons dans un État et que cet État dispose de la force publique, je pense qu’il est grand temps qu’il s’en serve. Si nul n’est sensé ignoré la Loi, je pense que ceux qui les votent doivent aussi les faire respecter. Quand un désordre est vu et tolérer, il est du coup cautionner et dans là, on quitte l’Etat pour se retrouver à l’état de nature!

Nous aimons notre pays. Nous critiquons pour qu'on améliore. Silence=complicité.

 

 

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